Je m’appelle Jimmy, 33 ans,
et j’ai appris la mécanique comme on apprend la vie
les mains dans le cambouis,
entouré des copains,
une clope au bec, le bout humide qu’on raccourcit à la pince coupante,
à refaire le monde le vendredi midi
autour d’un verre de Casanis.
Mon baptême de la mécanique, je le dois à un petit atelier d’Oudon,
L’Atelier Moto, tenu par Royco et Maryline,
deux humains comme on n’en fait plus assez.
Chez eux, j’ai découvert la vraie mécanique
celle qu’on écoute,
qu’on sent,
qu’on touche.
Royco disait souvent
« La mécanique, c’est que de la logique. »
Spécialistes Ducati, motos italiennes…
mais ouverts à tout,
sauf BMW qu’ils appelaient les « claque bheuuu »
mystère toujours non résolu
En parallèle, de 14 à 18 ans,
j’ai vécu à mobylette.
Une époque bénie,
dangereuse,
joyeuse,
inconsciente.
Tous les jours
40 km pour bosser,
90 km pour apprendre (CFA),
été comme hiver,
pluie comme soleil,
parfois un changement de cylindre
au bord de la route.
Casque en plastique,
rêves plein la tête.
J’ai même poussé jusqu’en Espagne…
toujours en mobylette.
C’est là que j’ai compris le sens du voyage
l’important, ce n’est pas l’arrivée,
c’est tout ce qui se passe
entre le point A et le point B.
Depuis, la mécanique ne m’a jamais quitté
la piste en 500 CB,
mécano aux 24h du Mans moto,
et cette folie d’ado
passer les 200 km/h à 16 ans
avec le 1200 Trophy de mon père…
la vitesse comme un blasphème
J’ai quitté un temps le monde de la moto
pour mieux y revenir.
Vendeur chez Kawasaki
mais vendre du rêve sous vitrine,
ce n’était pas mon truc.
Puis prof contractuel en mécanique moto.
Transmettre, j’ai adoré.
L’institution, beaucoup moins.
Je retourne alors en atelier,
chez LC Moto à Sainte-Luce.
Petit garage, ambiance franche,
ce genre d’endroit qu’on retrouve avec joie.
Le patron part en retraite,
je reprends la boutique.
Et là…
je vois la mutation.
La moto devient vitrine.
Le passionné devient client.
On parle chiffres,
marges,
image.
La flamme se noie
dans l’administratif.
Et l’été arrivent les JJA (juin-juillet-août)
les blousons neufs,
les héros instagrammables,
qui donnent des leçons
sans savoir tendre une chaîne.
Ajoutez à ça
la paperasse,
les normes,
le contrôle technique,
les employés,
les tableaux Excel…
J’ai rendu les clés.
Ce n’était plus mon monde.
Moi, j’aime la mécanique sauvage.
Le campement imposé par une panne.
La pluie, la nuit, le froid.
Comme dirait Renaud,
j’aime tout ce qui vous fait peur.
Et ça, je l’ai retrouvé
à ma premier hivernal
les Millevaches authentiques,
avec mon Dniepr.
Là, j’ai compris ce qu’est un side Dniepr
un tas de ferraille,
pas fiable,
mais libre.
Et surtout
l’esprit hivernal,
brut, sincère, fraternel.
C’est là qu’est revenu
mon rêve d’enfant
le tour du monde.
Le side-car s’est imposé.
Comme dit Sylvain Tesson :
« motocyclette à panier adjacent ».
Un déséquilibre assumé.
Une absurdité géniale.
Le regard des gens,
la fraternité des marginaux de la route.
J’avais retrouvé ma tribu.
De là est né SideLab.
Un side-car construit sur une Ducati 1200 Multistrada
pour habiter le monde
poêle à bois,
frigo,
batteries lithium,
panneaux solaires,
éolienne,
treuil…
Un refuge roulant.
Je l’ai construit moi-même.
Je l’ai traîné dans les hivernales
Millevaches, Marmottes…
et quelques nuits mémorables.
Aujourd’hui, j’ai trouvé l’équilibre
un atelier perso bien équipé,
et un boulot alimentaire.
Faire de ma passion mon métier
l’avait abîmée.
Maintenant, je la protège.
Je la savoure.
Sans pression.
Le projet SideLab continue.
Comme une route sans fin
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Ma venue chez Ural France
Les Ural,
je les ai toujours aimées.
Rustiques.
Honnêtes.
Sans chichi.
J’en ai réparé, bricolé, modifié.
Et après la lecture de Bérézina,
prêté lors d’une soirée trop arrosée
près d’une cheminée chez un ami,
à parler de nos bourlingages routiers,
je me suis dit
« Il m’en faut une. »
Je trouve donc une Ural non roulante.
Le bonheur.
Puis…
le prix des Ural et des pièces.
Là, j’ai toussé.
Quand on sait ce que c’est,
ce que ça coûte à fabriquer…
on frôle l’indécence.
Du simple
vendu au prix du rare.
Début décembre,
Jérémy et Marion (Uralistan) passent manger à la maison.
On refait le monde.
Et je leur lance mon idée
pour rendre les pièces Ural accessibles :
custom,
fiabilisation,
refabrication,
moins cher,
mieux fait.
Je veux savoir ce qui vous manque :
les pièces introuvables,
les faiblesses connues,
les idées folles.
J’ai touché à pas mal de domaines :
ferroviaire,
aéronautique,
moto,
side-car…
Je sais fabriquer, adapter, améliorer.
Je viendrai à l’AG si je peux.
Pour mettre des visages sur des pseudos.
Pour parler vrai.
D’ailleurs, vous préférez voir :
• mon Ural modifiée
• ou le SideLab ?
Dites le moi
Je ne suis pas très réseaux sociaux.
Je préfère l’odeur du métal chaud
à celle des likes.
Par contre,
ma porte est ouverte.
Nantes,
repas,
lit,
panne,
vous êtes chez vous.
À bientôt sur la route







